An Expat's Guide to Finding Work in Japan

Trouver du travail au Japon : le guide des expatriés

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Le marché du travail japonais offre de vraies opportunités aux étrangers dans l’enseignement de l’anglais, l’informatique et l’ingénierie. Mais pour construire une carrière durable, il faut maîtriser le japonais (JLPT) et comprendre la culture d’entreprise locale. Ce guide présente les stratégies de recherche d’emploi, les conditions de visa, les salaires à prévoir et les difficultés que les expatriés rencontrent le plus souvent au travail.

Décrocher un emploi au Japon n’est pas forcément très difficile, mais bâtir une carrière épanouissante est aussi rare que trouver un trèfle à quatre feuilles dans un immense pré. Il faut bien choisir, repérer les signaux d’alerte et faire de chaque poste un tremplin vers le poste et le salaire que vous visez.

Dans ce guide, je présente les méthodes pour chercher du travail au Japon, que vous y soyez déjà ou que vous soyez encore à l’étranger. Gardez en tête que beaucoup de postes exigent d’être déjà résident, avec un visa de travail ou d’étudiant en cours de validité.

L’essentiel à retenir

  • Trouver un emploi au Japon est possible, mais construire une carrière est difficile. La plupart des étrangers commencent dans l’enseignement de l’anglais (postes d’ALT), l’informatique ou l’hôtellerie avant d’évoluer vers des postes plus spécialisés.
  • Le JLPT N2 ou plus est exigé pour la plupart des métiers hors enseignement de l’anglais, et il élargit nettement vos options de carrière.
  • L’employeur gère l’essentiel des démarches de visa de travail. Le certificat d’éligibilité (COE) peut demander jusqu’à trois mois de préparation, il faut donc s’y prendre longtemps à l’avance.
  • Les salaires d’ALT démarrent autour de 250 000 ¥ par mois. L’informatique et l’ingénierie paient bien davantage, souvent de 5 à 14 millions de yens par an à Tokyo.
  • Le visa de travailleur qualifié spécifique (SSW) a ouvert les métiers techniques et manuels aux étrangers sans diplôme. Il a été nettement élargi en 2024.
  • Le système « nenko joretsu » récompense l’ancienneté plutôt que la performance. Les étrangers en contrat temporaire font souvent le même travail que les employés permanents pour un salaire inférieur.

Est-il facile de trouver un emploi au Japon ?

Pour répondre, commençons par un chiffre. Sur une population d’environ 124 millions d’habitants, le Japon ne comptait en octobre 2025 que 2,57 millions de travailleurs étrangers. C’est une toute petite part de la population totale. 

Avec une politique d’immigration stricte, il peut être compliqué de trouver un emploi et de s’installer au Japon.

Viser un poste plus élevé est encore plus ardu, car beaucoup d’entreprises préfèrent aujourd’hui des citoyens japonais pour les postes de direction.

Ces dernières années, pourtant, la demande de main-d’œuvre étrangère a augmenté : le vieillissement de la population et la baisse de la natalité créent une pénurie de jeunes travailleurs valides pour certains métiers. 

Il est donc fort possible que trouver un emploi au Japon devienne plus facile avec le temps. Par exemple, le nombre de travailleurs étrangers a augmenté de 11,7 % sur un an jusqu’en octobre 2025, un record.

Trouver un emploi au Japon reste donc difficile, mais c’est tout à fait possible.

Quels emplois peut-on décrocher au Japon quand on est étranger ?

Le secteur manufacturier emploie le plus grand nombre de ces travailleurs étrangers : travail en usine, assemblage, expédition et autres tâches de production. 

Ce secteur représente environ 25 % de l’emploi étranger (24,7 % en octobre 2025). Les autres travaillent dans les services et d’autres secteurs : enseignement de l’anglais, hôtellerie, tourisme, informatique, traduction, interprétariat et ingénierie.  

Environ la moitié de la main-d’œuvre étrangère vient du Vietnam, de Chine et des Philippines (50,5 % de tous les travailleurs étrangers en octobre 2025).

université d'Hokkaido
Enseigner dans une école ou une université au Japon est un métier très prisé des expatriés.

Beaucoup de locuteurs natifs de l’anglais passent par des entreprises d’ALT (assistant language teacher, assistant d’enseignement des langues) pour entrer au Japon.

Ces postes sont en général réservés aux personnes originaires de pays comme le Royaume-Uni, l’Australie, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis, l’Afrique du Sud, le pays de Galles et le Canada. 

Certaines entreprises d’ALT ont des critères différents, mais des organismes comme le JET Programme, Interac, AEON et ECC exigent souvent l’anglais comme langue maternelle. 

Les enseignants étrangers y donnent des cours d’anglais dans des écoles primaires, des collèges et des lycées dans tout le Japon. Le JET Programme, avec ses salaires compétitifs, son loyer subventionné et le remboursement des billets d’avion, est l’un des programmes les plus recherchés, mais aussi l’un des plus difficiles à obtenir.

Il existe aussi des étrangers à des postes d’encadrement. Mais à moins d’être déjà au Japon, ces postes sont difficiles à décrocher : ils sont vite pourvus par des professionnels expérimentés qui vivent sur place.

Pour une femme, les chances d’obtenir un poste d’encadrement sont en outre plus minces que pour un homme.

Faut-il parler japonais pour travailler au Japon ? 

Ce n’est pas indispensable dans tous les secteurs, mais vous devriez savoir parler un peu japonais. Un certificat du Japanese Language Proficiency Test (JLPT) peut nettement faciliter votre recherche d’emploi. 

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Et ce n’est pas tout : beaucoup de postes au Japon exigent le niveau JLPT N2 ou N1. Ces examens sont exigeants, mais les réussir améliore nettement votre intégration dans la société japonaise et élargit vos perspectives de carrière. 

Sans maîtrise de la langue, vous limitez votre potentiel de revenus et vos opportunités d’emploi au Japon.

Par ailleurs, la vie quotidienne peut être compliquée au Japon si l’on ne parle pas japonais.

Combien d’étrangers travaillent au Japon, et d’où viennent-ils ?

À la fin d’octobre 2025, le Japon comptait 2 571 037 travailleurs étrangers, un record. C’est 268 450 de plus qu’un an plus tôt, soit une hausse de 11,7 %. (Vérifié en octobre 2026.)

NationalitéTravailleursPart de l’ensemble des travailleurs étrangers
Vietnam605 90623,6 %
Chine431 94916,8 %
Philippines260 86910,1 %
Source : ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, rapport d’octobre 2025 (vérifié en octobre 2026)

Le premier groupe par type de visa est celui des métiers spécialisés et techniques, avec 865 588 travailleurs (33,7 %). Ce groupe a progressé de 20,4 % en un an. Viennent ensuite les statuts de résidence fondés sur des liens familiaux ou durables avec 645 590 personnes (25,1 %), puis les stagiaires techniques avec 499 394 (19,4 %). Le secteur manufacturier est la première branche, avec 24,7 % des travailleurs étrangers.

Si vous avez un diplôme ou un métier qualifié et une offre d’emploi, vous faites partie du groupe qui progresse le plus vite.

Conditions requises pour l’emploi

Comme sur tous les marchés du travail du monde, les certifications ou le niveau de diplôme requis dépendent du secteur. 

Pour les professeurs d’anglais, les ALT et les enseignants des écoles de langues eikaiwa, un bachelor (licence) de 4 ans minimum est exigé. 

Un diplôme en sciences de l’éducation est préférable, mais pas obligatoire. 

Si vous voulez enseigner l’anglais, une certification TEFL ou TESOL peut être un atout. 

Pour des professions comme la médecine ou le droit, il faut un diplôme adapté, une solide expérience et des certifications issues d’examens professionnels japonais reconnus.

La plupart des entreprises japonaises exigent un bachelor de 4 ans. L’informatique fait parfois exception : on y accepte parfois une expérience équivalente à la place d’un diplôme formel. 

Un master ou un doctorat ouvre l’accès à l’enseignement supérieur ou aux postes liés à la recherche. À noter que la maîtrise du japonais y est très souhaitable. 

Peut-on obtenir un visa de travail au Japon sans diplôme ?

Parfois, mais pas pour tous les métiers. Le visa de travail le plus courant est « Engineer/Specialist in Humanities/International Services ». L’Agence des services d’immigration cite comme exemples typiques les ingénieurs en mécanique et techniciens similaires, les interprètes, les designers, les professeurs de langues en entreprise privée et le personnel du marketing. Ses critères fixent la barre, et ils varient selon le type de travail. (Vérifié en octobre 2026.)

Type de travailCe que le critère exige
Travail nécessitant des connaissances techniques ou spécialiséesUn diplôme universitaire dans une matière liée au poste, ou une formation équivalente. Un diplôme d’école professionnelle japonaise dans une matière liée compte aussi. Il en va de même pour 10 ans d’expérience pratique, les études dans la matière étant comptées dans ces 10 ans.
Travail en informatiqueSi vous réussissez un examen informatique reconnu ou détenez une qualification informatique reconnue, l’exigence de diplôme ou d’expérience est levée.
Travail nécessitant un regard culturel étranger (traduction, interprétariat, enseignement des langues, relations publiques, commerce extérieur, mode ou architecture d’intérieur, développement de produits)3 ans d’expérience dans le domaine. Un diplômé universitaire qui travaille en traduction, en interprétariat ou en enseignement des langues n’a pas besoin de ces 3 ans.
Rémunération, pour tous les typesAu moins ce qu’un Japonais toucherait pour le même travail.
Source : critères du ministère de la Justice, publiés par l’Agence des services d’immigration (vérifié en octobre 2026)

Sans diplôme, 10 ans d’expérience, c’est long. Sans diplôme, regardez plutôt la voie du travailleur qualifié spécifique évoquée plus haut, ou l’informatique avec un examen reconnu.

Faites correspondre votre diplôme au poste. Le critère demande un diplôme dans une matière liée au travail. Un diplôme sans rapport ne suffit pas à lui seul : demandez à votre employeur comment il présentera votre diplôme à l’immigration.

Stratégies de recherche d’emploi

J’ai rassemblé plusieurs méthodes courantes pour chercher un emploi tant que vous êtes encore dans votre pays d’origine. 

Il existe de nombreux bons sites d’annonces avec des filtres efficaces, qui permettent d’adapter la recherche à des critères précis.

Il faut quand même lire attentivement les conditions et les détails des annonces pour trouver le bon poste. 

Ikebukuro de nuit
Si vous ne parlez pas japonais, vos opportunités d’emploi seront très limitées.

Voici les informations que je vous recommande de chercher en priorité :

  • Combien de temps parrainent-ils votre visa de travail, et quelle est la durée du contrat ?
  • Si le contrat est d’un an, cette sécurité de l’emploi vous convient-elle ?
  • Quel est le salaire, et est-il compétitif dans le secteur ?
  • Quels sont les horaires habituels ? Y a-t-il des heures supplémentaires obligatoires ou du travail le week-end ?
  • Concernant la charge de travail, souvenez-vous que la description ne reflète pas toujours la réalité. Consultez des sites d’avis d’employés comme Glassdoor pour lire l’expérience des anciens salariés.
  • Vérifiez que l’entreprise respecte le droit du travail. Vous seriez surpris du nombre d’entreprises japonaises qui trouvent des moyens d’exploiter leurs employés à leur profit. 

Voici quelques bonnes ressources pour vous aider à trouver un emploi au Japon. 

Sites d’emploi et sites utiles

Si vous travaillez au Japon depuis longtemps et que vous avez bâti un réseau dans votre secteur, vous n’avez peut-être pas besoin de ces ressources. Ici, les contacts sont la clé d’un bon emploi.

En revanche, si vous débutez votre recherche, ces plateformes sont extrêmement utiles. 

Voici trois grands sites d’emploi avec une brève description de chacun. Il en existe d’autres, mais ceux-ci comptent parmi les plus connus :

  • GaijinPot : la traduction littérale, « un pot d’étrangers », n’est pas des plus flatteuses, mais GaijinPot est un portail d’emploi complet, pour débutants comme pour profils expérimentés au Japon. Il propose de nombreuses offres dans tous les secteurs, dont beaucoup demandent peu de japonais. Le site offre aussi des ressources pour ceux qui veulent étudier au Japon.
  • Jobs in Japan : ce site offre une plateforme complète pour votre recherche. Beaucoup des postes d’« enseignement » proposés se ressemblent. Sans licence d’enseignement, formation spécialisée ou diplômes avancés, vous trouverez surtout des postes d’ALT natif (assistant language teacher), d’éducation préscolaire et divers emplois en entreprise de détachement ou en cours particuliers. Les sociétés de détachement vous embauchent et vous envoient enseigner dans différents lieux d’une région, avec des conditions qui varient d’une entreprise à l’autre.
  • Daijobs : ce site vise les professionnels qui cherchent des postes avancés. Avant de commencer, vous devrez créer un profil et un CV. Beaucoup d’offres exigent un très bon niveau de japonais, avec souvent une référence aux niveaux du JLPT (Japanese Language Proficiency Test). 

Cabinets de recrutement

Si vous préférez déléguer une partie de la recherche, les cabinets de recrutement peuvent vous aider, moyennant des frais. Ils proposent un coaching personnalisé, des logiciels de mise en correspondance des compétences et affichent des taux de placement élevés pour les candidats étrangers.

Voici quelques cabinets de recrutement à consulter :

Sites web des entreprises

Enfin, ne négligez pas les offres publiées directement sur les sites des entreprises. Beaucoup y affichent leurs postes, mais pas toujours en anglais. 

Si vous parlez bien japonais et que vous visez un employeur précis, cette méthode offre beaucoup de possibilités.

Comment réussir son CV

Quand vous cherchez du travail au Japon, il est essentiel d’adapter votre CV aux standards japonais. 

Votre CV doit mettre en avant les compétences pertinentes, l’expérience professionnelle, les qualifications et les diplômes. 

Que vous parliez couramment japonais ou non, il est utile de préparer deux CV : un en anglais et un en japonais. Ajoutez une lettre de motivation expliquant pourquoi vous voulez rejoindre l’entreprise. 

Il existe de nombreux services de traduction, mais j’ai trouvé Upwork particulièrement utile pour trouver de bons traducteurs à prix raisonnable. 

Je l’ai utilisé à de nombreuses reprises pour traduire des documents complexes entre l’anglais et le japonais. 

Et si vous lisez ici ou là qu’il faut un « CV manuscrit », cela ne s’applique généralement pas aux étrangers. 

Écrire des kanji à la main est difficile : un logiciel comme Microsoft Word ou un autre outil d’écriture courant suffit amplement. 

Certaines candidatures se font même en partie en ligne dans les premières phases du processus.

Comment préparer la photo du CV

Une particularité du Japon est l’usage courant de joindre une photo d’identité au CV. 

Vous vous demandez peut-être si cela peut servir à écarter un candidat selon son apparence plutôt que selon ses mérites et ses compétences.  En deux mots, la réponse est un « oui » franc. 

Beaucoup d’entreprises le nieront, mais c’est assurément l’un des facteurs qui jouent dans la décision de vous embaucher ou non. 

Voici quelques conseils pour la photo de votre CV :

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  • Évitez de prendre la photo avec un smartphone ou un appareil personnel : une image peu professionnelle risque de laisser une mauvaise impression.
  • Pensez à la cabine photo, très répandue dans tout le Japon. Habillez-vous de façon professionnelle et tenez compte de la météo. Dans ce cas, les retouches éventuelles sont à votre charge après l’impression. De légères retouches avec un logiciel de photo sont devenues plus courantes ces dernières années.
  • Pour une image de meilleure qualité, rendez-vous dans un studio photo. C’est plus cher, mais le résultat est supérieur, avec en prime les conseils d’un professionnel.
  •  Hommes comme femmes sont invités à porter un costume sombre (bleu ou noir) avec une chemise blanche pour la photo du CV.

Conseils pour les entretiens au Japon, en personne ou en ligne

Si vous postulez depuis l’étranger, les entretiens se feront souvent en ligne. Les particularités des entretiens japonais sont toutefois les mêmes, en ligne ou en personne. 

Voici quelques conseils et repères pour préparer votre entretien :

  • Bien se renseigner : ne vous laissez pas surprendre. Renseignez-vous sur votre futur lieu de travail, son histoire et ses réussites notables que vous pourrez saluer pendant l’entretien.
  • Maîtriser son autoprésentation : préparer une courte présentation de vous-même en japonais poli est indispensable. La Japan Academy et d’autres sites éducatifs proposent des exemples utiles. Je vous conseille de les parcourir et de répéter votre présentation avec un ami ou devant un miroir.
  • S’attendre à des questions personnelles : les entretiens japonais explorent souvent le caractère en plus de l’expérience professionnelle. Contrairement à de nombreux entretiens occidentaux, il est rare qu’ils se déroulent en tête à tête. Attendez-vous à un jury d’au moins trois personnes, qui posent chacune leurs questions à tour de rôle. Préparez des anecdotes sur votre vie de famille, vos loisirs et d’autres détails personnels, et présentez toujours les choses avec une attitude positive et enjouée.

Visa et permis de travail

L’un des éléments les plus importants est un visa ou un permis de travail. Si vous êtes recruté depuis l’étranger, votre futur employeur s’occupe en général des démarches ; s’il ne vous aide pas, voici les étapes à suivre. 

Idéalement, votre employeur contacte l’ambassade du Japon pour lancer la procédure.

Vous devez ensuite déposer les documents suivants à l’ambassade ou au consulat :

  • Certificat d’éligibilité (COE)*
  • Passeport
  • Photos d’identité
  • Formulaire officiel de demande de visa
  • Informations détaillées sur l’entreprise

Remarque : le COE est préparé par votre employeur et cela peut prendre jusqu’à trois mois. C’est le document clé pour obtenir un visa au Japon. Une fois que vous l’avez, vos chances d’obtenir le visa sont très élevées.

Si vous devez demander le visa vous-même, prévoyez au moins cinq mois. 

Si votre employeur gère les démarches de visa, il vous suffit de lui remettre vos documents, et il fera la demande en votre nom.

Le programme de visa de travailleur qualifié spécifique (SSW), lancé en 2019 et nettement élargi en 2024, a ouvert de nouvelles voies aux étrangers dans des secteurs comme l’industrie, l’hôtellerie, l’agriculture et la construction, même sans diplôme universitaire. Les expatriés des métiers techniques et manuels le citent de plus en plus comme la voie la plus pratique pour venir au Japon.

Mise à jour des visas en 2026

Deux changements de 2026 touchent cette voie. En avril 2026, le Japon a cessé d’accepter les nouvelles demandes venues de l’étranger pour la catégorie SSW de la restauration, car le quota annuel était atteint. Si vous comptiez entrer au Japon par un emploi en restaurant ou en traiteur, cette voie est suspendue jusqu’à la prochaine année de quota. Les personnes qui ont déjà ce statut ne sont pas concernées.

Une nouvelle règle linguistique s’applique aussi depuis avril 2026. Si une petite entreprise vous recrute pour un poste en contact avec la clientèle, vous devez désormais justifier d’un niveau B2 du CECRL. Pour le japonais, cela correspond à peu près au JLPT N2.

Un troisième changement se profile, mais il n’est pas encore en vigueur. Le 4 août 2026, l’Agence des services d’immigration a publié un projet d’ordonnance qui ajouterait une durée de séjour de cinq ans pour les titulaires du statut de travailleur qualifié spécifique (type 2). Pour l’instant, la durée maximale est de trois ans, avec aussi six mois, un an et deux ans en usage.

La consultation publique sur le projet d’ordonnance court jusqu’au 4 septembre 2026, et le gouvernement prévoit une entrée en vigueur début janvier 2027. D’ici là, considérez l’option de cinq ans comme une proposition et non comme une règle acquise. Les conditions pour y prétendre sont encore en cours d’élaboration.

Notez qu’il existe de nombreux types de « visas de travail » au Japon, couvrant un large éventail de professions, des professeurs d’université et des artistes à l’informatique et aux technologies, en passant par les dirigeants et les médecins. 

Vous pouvez consulter les conditions sur le site officiel du ministère des Affaires étrangères.

Combien de temps prend la procédure du visa de travail pour le Japon

Comptez de 1 à 3 mois pour la première étape. C’est le délai de traitement standard indiqué par l’Agence des services d’immigration pour un certificat d’éligibilité (COE). (Vérifié en octobre 2026.)

  • Qui dépose la demande : vous-même, si c’est vous qui entrez au Japon, ou le personnel de l’organisme qui vous recrute. Les avocats inscrits et les gyoseishoshi (rédacteurs administratifs) peuvent déposer pour l’un ou l’autre, mais seulement tant que la personne concernée est au Japon.
  • Où elle est envoyée : au bureau régional de l’immigration. Si vous la déposez vous-même, c’est le bureau dont dépend votre futur lieu de résidence. Si c’est un mandataire, c’est le bureau dont dépend le siège de l’employeur.
  • Par courrier : l’agence n’accepte pas les demandes par courrier.
  • Calendrier : déposez la demande assez tôt pour que le COE vous parvienne avant votre entrée au Japon.
  • Durée de séjour : le visa Engineer/Specialist est accordé pour 5 ans, 3 ans, 1 an ou 3 mois.

Demandez à votre employeur qui déposera la demande et quand, avant de démissionner de votre emploi actuel. Si vous comptez rester plusieurs années, consultez notre guide sur la résidence permanente au Japon.

Comprendre votre salaire au Japon

En 2025, le marché du travail japonais est plutôt agité : salaires plus bas (surtout pour les étrangers), coût de la vie élevé par rapport à d’autres pays, et fiscalité lourde. 

Les salaires des travailleurs étrangers varient selon le secteur et le lieu. 

Un assistant d’enseignement des langues (ALT) gagne par exemple environ 250 000 ¥ par mois. Les professeurs d’anglais diplômés et ceux des écoles internationales s’en sortent souvent mieux. Certains sites annoncent des revenus plus élevés, mais cela dépend beaucoup de vos qualifications et de votre expérience.

train au Japon
En plus de votre salaire, l’entreprise peut aussi verser une indemnité pour vos frais de transport.

Dans les secteurs où l’expertise étrangère est très demandée, comme la technologie et l’ingénierie, les salaires compétitifs sont plus fréquents. En informatique, par exemple, les salaires annuels vont de 5 207 000 à 14 580 000 yens selon les postes.

J’ai volontairement laissé de côté les postes dans la finance ou les grandes entreprises, car ils exigent en général un japonais de niveau natif ou professionnel, et beaucoup sont concentrés à Tokyo.

Impôt sur le revenu

Au Japon, vous devrez payer plusieurs impôts. Pour le détail, consultez notre guide sur l’impôt sur le revenu au Japon pour les étrangers. On y trouve l’impôt sur le revenu des personnes physiques, l’assurance maladie, la taxe de résidence, la taxe foncière pour les propriétaires de terrains et la taxe automobile, entre autres. Le montant varie en outre selon des facteurs comme l’âge et la taille de la famille.

Il est donc difficile de tout lister ici. Ce calculateur d’impôts japonais vous donnera un chiffre approximatif selon votre salaire, mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.  

Périodicité de la paie 

Dans la plupart des emplois au Japon, le salaire est versé une fois par mois, généralement le 10 ou le 20, directement sur votre compte bancaire au Japon.

C’est différent de pays comme les États-Unis, où la paie est souvent bimensuelle ou hebdomadaire. 

Il est donc crucial de bien gérer son budget pour payer les factures et dépenses du mois. 

L’adaptation à ce système peut prendre du temps ; mieux vaut donc garder une épargne de côté pour couvrir vos factures pendant la transition.

Primes et bonus

Les systèmes de bonus varient d’une entreprise à l’autre. Certaines versent de généreuses primes deux fois par an, en été et en hiver. 

En moyenne, le bonus équivaut à 3,5 mois de salaire, réparti en deux versements. 

Avec un salaire mensuel de 250 000 yens, votre bonus pourrait par exemple atteindre 875 000 yens, versés en deux fois.

Toutes les entreprises ne versent pas deux bonus par an ; certaines n’en versent qu’un, voire aucun. Clarifiez ce point avec les employeurs potentiels pendant les entretiens. 

Toutefois, aborder le sujet peut être mal perçu par certains recruteurs. 

Certaines entreprises favorisent les employés japonais avec des primes et des contrats stables, tout en plaçant les étrangers sur des contrats temporaires successifs. La charge de travail est souvent la même, mais les conditions contractuelles et la paie avantagent généralement les employés en contrat permanent.

Pensez à consulter le droit du travail japonais et renseignez-vous sur vos droits au travail. 

Congés payés et avantages

En général, les salariés à temps plein ont droit à environ 10 jours de congés payés par an après six mois d’ancienneté. 

Ces jours (utilisables comme congés ou arrêts maladie) augmentent progressivement avec les années, jusqu’à un plafond de 20 jours. C’est la pratique courante, mais relisez toujours les détails de votre contrat de travail.

Assurance maladie et bilan de santé

Quand vous commencez un emploi à temps plein, votre employeur vous inscrit normalement à l’assurance maladie des salariés (Employees’ Health Insurance, shakai hoken), qui couvre les soins hospitaliers, les services de santé mentale, les médicaments sur ordonnance, les soins dentaires, les opérations chirurgicales et les contrôles réguliers. 

Un avantage remarquable des entreprises japonaises est le bilan de santé complet obligatoire chaque année, qui comprend des examens de la vue, de l’audition, des analyses sanguines et des dépistages de cancers ou de maladies. Il se termine par un bref entretien avec un médecin. 

En tant que salarié au Japon, vous devez passer un bilan de santé chaque année, et c’est votre entreprise qui l’organise : vous n’avez pas à chercher vous-même une clinique ou un hôpital. 

Le système d’assurance maladie japonais est remarquable par sa large couverture et ses frais restant à charge limités, ce qui le place au-dessus de bien d’autres systèmes dans le monde.

Difficultés possibles au travail

Travailler au Japon pose des défis particuliers, surtout pour les étrangers.

Barrière de la langue

Sans aucun doute, le principal obstacle pour les étrangers est la barrière de la langue. 

Il y a de fortes chances que les e-mails de consignes qui circulent dans votre entreprise ne soient pas en anglais, et que beaucoup de réunions et d’activités quotidiennes ne vous soient pas expliquées en anglais simple. 

Vous aurez peut-être un collègue plus ancien bilingue pour vous aider, mais vous ne pourrez pas compter sur lui indéfiniment. Le mieux est de vous inscrire à des cours de japonais dès que possible.

Vous pouvez aussi suivre de nombreux cours en ligne qui proposent des formations de japonais utiles, en autonomie et à votre rythme.

Fréquence des réunions

Autre surprise pour beaucoup d’étrangers au Japon : le nombre de réunions et de comités auxquels il faut assister. Les postes japonais s’accompagnent souvent d’une avalanche de paperasse tout au long de l’année, et l’on attend en général un fort engagement des employés.

Selon votre lieu de travail, vous pourriez avoir des réunions chaque semaine ou toutes les deux semaines. Elles s’éternisent souvent et sont programmées en fin de journée. Comme beaucoup d’entreprises appliquent un management strictement hiérarchique, il peut falloir longtemps pour qu’une idée évoquée devienne un plan concret. 

foule dans le métro au Japon
Beaucoup d’employés japonais doivent faire passer leur travail avant leur vie privée. Travailler tard le soir ou le week-end est donc courant au Japon.

Presque toute proposition nécessite un formulaire écrit qui doit être tamponné en rouge par plusieurs services et par la direction, ce qui rend les progrès et les changements assez lents dans les entreprises japonaises.

Le travail avant la vie privée

De plus, beaucoup d’employés japonais ressentent la pression de placer leur travail avant leur vie privée. Cela peut se traduire par du travail le week-end, de longues journées en semaine et des e-mails professionnels de la direction même les jours de congé.

La culture d’entreprise japonaise comporte de nombreuses subtilités. On peut citer entre autres l’usage des cadeaux et des omiyage au travail, l’importance de la ponctualité, l’attente de ne pas se plaindre, la culture de la boisson lors des soirées d’entreprise, le protocole pour formuler des demandes et l’esprit d’équipe dans l’entreprise. 

Je vous recommande de vous documenter sur ces sujets avant de travailler au Japon. 

Foire aux questions

Combien de temps faut-il pour obtenir un certificat d’éligibilité japonais ?

L’Agence des services d’immigration indique un délai de traitement standard de 1 à 3 mois. Faites la demande tôt, car vous devez avoir le COE en main avant d’entrer au Japon.

Puis-je demander moi-même le certificat d’éligibilité ?

L’agence vous reconnaît comme demandeur possible, mais n’accepte pas les demandes par courrier. Demandez à votre employeur de le déposer : il connaît le bureau compétent et les documents à fournir pour le poste.

Un employé étranger peut-il être payé moins qu’un collègue japonais ?

Avec le visa Engineer/Specialist, le critère impose que votre rémunération soit au moins égale à celle qu’un Japonais toucherait pour le même travail. Si votre offre est inférieure, demandez pourquoi avant de signer.

Quand ai-je droit aux congés payés au Japon ?

Vous y avez droit après 6 mois de travail continu, à condition d’avoir travaillé au moins 80 % des jours ouvrables. C’est ce que prévoit l’article 39 de la loi sur les normes du travail (Labor Standards Act). Votre contrat peut vous accorder davantage.

Mon employeur doit-il m’inscrire à une assurance maladie ?

Les salariés à temps plein sont normalement inscrits à l’assurance maladie des salariés (Employees’ Health Insurance), et vous et votre employeur vous partagez les cotisations. Selon le guide de la préfecture d’Iwate pour les résidents étrangers, les salariés sont normalement inscrits s’ils travaillent plus de 29,5 heures par semaine. Ceux qui n’y ont pas droit rejoignent à la place l’assurance maladie nationale (National Health Insurance).

À vous de jouer

La réalité du travail au Japon, c’est que le terrain de jeu n’est PAS ouvert à tous. 

En tant qu’étranger, vous n’avez accès qu’à des parcours de « carrière » assez limités, et beaucoup comportent les pièges des contrats temporaires et des rares possibilités d’évolution. 

De plus, comme vous le constaterez, les entreprises japonaises augmentent légèrement les salaires à chaque année d’ancienneté. Curieusement, si les employés les plus anciens de l’établissement (« entreprise », « école », « université » ou tout autre « secteur d’activité ») touchent souvent les salaires les plus élevés, leur charge de travail tend à diminuer avec le temps. 

L’ironie, c’est que ceux qui travaillent le plus dur dans une entreprise japonaise sont souvent ceux qui gagnent le moins. Cette dynamique peut nourrir du ressentiment chez les jeunes employés envers leurs aînés. 

Ce système s’appelle « nenko joretsu » et s’oppose aux structures de promotion plus axées sur le mérite, courantes dans les pays occidentaux.

Malgré ses défis particuliers, s’y retrouver dans les subtilités d’un lieu de travail japonais peut se révéler enrichissant. J’espère que cet article vous éclaire et vous guide dans la suite de votre parcours.

Sources citées

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Après plus de dix ans passés au Japon, je n’ai pas seulement appris la langue : j’ai aussi découvert la culture en profondeur. Mon parcours là-bas a été riche en apprentissages, en découvertes et en moments qui m’ont fait grandir, et m’a laissé une multitude d’histoires à raconter. J’espère que mes écrits pourront transmettre ne serait-ce qu’un peu de la magie que j’y ai trouvée.
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