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La résidence permanente au Japon offre un séjour sans limite de durée et bien moins de tracas administratifs, mais elle n’est pas facile à obtenir. Ce guide détaille les critères d’éligibilité, la voie rapide par points pour les profils hautement qualifiés, les documents à réunir ainsi que les règles fiscales et de retrait à connaître avant de déposer votre dossier.
La résidence permanente, ou le statut d’« eijusha » (résident permanent) au Japon, est très convoitée par de nombreux étrangers installés depuis longtemps dans le pays. Elle donne droit à un séjour illimité, se traite auprès de votre bureau d’immigration local et c’est finalement le ministère de la Justice qui tranche.
Dans cet article, je vous présente les principaux avantages, je vous guide pas à pas dans la procédure de demande et j’examine les autres éléments qui influencent vos chances d’obtenir ce statut.
L’essentiel à retenir
- La résidence permanente (PR) repose sur quatre piliers : une bonne conduite, une situation financière stable, la durée du séjour et un garant.
- La voie classique exige 10 ans de résidence continue (dont 5 avec un visa de travail ou familial), mais le conjoint d’un Japonais marié depuis plus de 3 ans peut déposer sa demande après seulement 1 an.
- Les professionnels hautement qualifiés peuvent accélérer la PR avec 80 points (1 an) ou 70 points (3 ans).
- Un dossier fiscal et de cotisations retraite irréprochable est crucial : l’immigration vérifie plusieurs années d’historique de paiement.
- Avec la PR, vous êtes imposé sur vos revenus mondiaux ; les citoyens américains en particulier doivent anticiper les conséquences fiscales.
- À partir d’avril 2027, la PR pourra être retirée en cas de non-paiement volontaire des impôts ou des cotisations sociales : rester en règle compte donc aussi après l’approbation.
Nouvelles règles de la PR au Japon : dates clés pour 2026 et 2027
Plusieurs changements concernant la PR entrent en vigueur entre mi-2026 et avril 2027. Voici ce qui s’applique et quand. (Vérifié en octobre 2026.)
| Date | Ce qui change |
|---|---|
| 14 juin 2026 | Nouveau format de carte de séjour. Les cartes de résident permanent délivrées à partir de cette date restent valables jusqu’à votre 10e anniversaire suivant la délivrance. Les cartes précédentes étaient valables 7 ans. |
| 30 septembre 2026 | Dernier jour pour déposer une demande de PR à l’ancien tarif de 10 000 JPY, même si elle est approuvée plus tard. |
| 1er octobre 2026 | Le tarif de la PR passe à 200 000 JPY. L’Agence des services d’immigration publie ses lignes directrices révisées sur la PR. |
| 31 mars 2027 | Dernier jour où une période de séjour de 3 ans compte comme la « plus longue » pour la PR. |
| 1er avril 2027 | Les lignes directrices révisées s’appliquent aux nouvelles demandes : revenu du foyer supérieur à la moyenne d’un foyer japonais de même taille, test de projection de retraite, japonais de niveau B1, vérification du Guidebook on Living and Working et, pour les conjoints, 5 ans de mariage plus 3 ans au Japon. La modification de la loi sur l’immigration de 2024 entre également en vigueur. |
Les demandes déposées à partir du 1er avril 2026 et encore en cours d’examen le 1er octobre 2026 sont aussi soumises aux nouveaux tests de revenu et de charges publiques. Tout le reste des nouvelles lignes directrices ne s’applique qu’aux demandes déposées à partir du 1er avril 2027.
Astuce : le 1er avril 2027 concerne la date de dépôt, pas la date d’approbation. Si vous remplissez déjà les règles actuelles, mieux vaut déposer tôt que tard.
Critères d’éligibilité généraux
Quatre facteurs essentiels déterminent si vous obtiendrez votre carte de résident permanent au Japon :
- Votre comportement
- Votre stabilité financière
- Votre durée de séjour au Japon
- Votre garant officiel
Voyons-les un par un.
Comportement
Votre « comportement » est jugé de manière assez large et comprend notamment :
- l’absence de casier judiciaire pendant votre séjour au Japon
- le paiement régulier de vos impôts chaque année
- un minimum d’infractions routières
- aucun démêlé sérieux avec la justice
Stabilité financière
Votre stabilité financière jusqu’à la date de la demande est examinée en détail par le service d’immigration.
En général, c’est le revenu annuel moyen au Japon qui sert de référence, avec des variations possibles selon la région, certaines zones ayant des moyennes plus basses.

Astuce : aucun montant officiel n’est annoncé, mais on peut raisonnablement viser, au moins pour un homme célibataire, un revenu annuel d’environ 4 millions de yens. Statistiquement, un revenu inférieur à 3 millions de yens peut compliquer l’obtention de la PR.
Ces repères informels sont en train de disparaître. Le 1er octobre 2026, l’Agence des services d’immigration a publié ses lignes directrices révisées sur la PR, après une consultation publique sur le projet.
Selon ces lignes directrices, le revenu de votre foyer doit rester supérieur au revenu moyen d’un foyer japonais de même taille. Aucun montant en yens n’est inscrit dans le texte. L’évaluation se fait par foyer : le revenu d’un conjoint qui travaille s’ajoute au vôtre, et les proches que vous soutenez comptent dans la taille du foyer, même s’ils vivent à l’étranger.
Un test de retraite s’y ajoute. L’immigration compare votre future pension estimée à ce que toucherait quelqu’un ayant ce niveau de revenu après 30 ans dans le régime des salariés (kosei nenkin). Si votre projection est insuffisante, l’épargne peut combler l’écart, et le seuil d’épargne est plus bas pour les jeunes candidats.
Ces règles sont définitives mais ne s’appliquent pas encore à la plupart des candidats. Elles concernent les demandes déposées à partir du 1er avril 2027. Les volets revenu et charges publiques touchent aussi les demandes déposées à partir du 1er avril 2026 et encore en cours d’examen le 1er octobre 2026.
Votre avis d’imposition sera le principal document pour prouver vos revenus.
N’oubliez pas que cette évaluation vérifie que le niveau de revenu requis a été maintenu pendant au moins 5 ans avant la demande.
Durée de séjour au Japon
Le troisième critère est une résidence continue pendant une durée précise.
L’exigence standard est d’avoir vécu 10 ans de suite au Japon, dont au moins 5 ans sous un visa de travail approprié ou un visa lié à la situation familiale (conjoint d’un ressortissant japonais).
Cette durée peut varier selon votre situation.
Par exemple, si vous êtes marié à un ressortissant japonais depuis plus de 3 ans, il suffit d’avoir vécu 1 an au Japon pour demander la PR japonaise.
Si vous avez changé d’employeur ou si votre entreprise a évolué, ces informations seront examinées de près par le bureau d’immigration : tous les changements d’adresse de l’entreprise et les lieux où vous avez travaillé doivent avoir été correctement déclarés (c’est fait lors des renouvellements de visa précédents).
Ces dossiers sont vérifiés, et un trou dans les déclarations peut nuire à l’approbation.
Vous devez en outre avoir passé plus de six mois au total au Japon durant l’année où vous déposez votre demande de résidence permanente.
Obligation d’avoir un garant
Votre demande de résidence permanente nécessite un garant.
Il peut s’agir d’un ressortissant japonais ou d’un autre résident permanent étranger qui se porte garant de vous dans votre demande.
Se porter garant signifie ici attester de votre moralité et assumer une part de responsabilité pour votre comportement si vous enfreignez la loi.
Selon l’Agence des services d’immigration, un garant est normalement l’une de ces personnes vivant au Japon :
- Un ressortissant japonais
- Un résident permanent
- Un résident permanent spécial
Ces personnes soutiennent votre demande et peuvent devoir fournir des informations personnelles pour favoriser son approbation.
Trouver un garant est souvent difficile quand on n’est pas marié, car si vous ne remboursez pas un prêt, devez de l’argent au fisc ou avez des ennuis, il doit en pratique vous tirer d’affaire.
Les détails sont consignés dans un contrat juridiquement contraignant dès qu’il devient votre garant.
Si vous ne trouvez pas de garant par vos propres moyens, vous pouvez recourir à un cabinet juridique ou à un service spécialisé. J’y reviens dans la section sur les services professionnels, plus bas.
Comprendre le système de points
Le Japon utilise un système de points pour statuer sur la résidence permanente, qui recoupe de nombreuses composantes pour établir un score.
Des points sont attribués selon divers critères, notamment :
- Les diplômes (doctorat, master, licence, etc.)
- Votre expérience professionnelle
- Vos niveaux de salaire au fil des années
- Votre âge
- Votre niveau de japonais
Ce système sert à évaluer ce que vous pouvez apporter à la société japonaise dans son ensemble. Comme je l’ai dit, de nombreux facteurs entrent en compte, certains étant même valorisés en priorité.
Parmi ces « points bonus », on peut citer :
- Être marié à un ressortissant japonais
- Avoir des enfants au Japon
- Détenir un diplôme d’une université japonaise
- Travailler pour une administration ou une entreprise publique
- Être hautement qualifié dans son domaine
Ce calculateur de points n’est pas géré par le gouvernement, mais il donne une idée approximative de votre score possible.
Critères spécifiques selon le type de visa et la situation familiale
Dans certaines situations, vous pouvez obtenir votre résidence permanente plus vite (ou plus lentement) que les autres candidats.
Vous êtes le conjoint d’un ressortissant japonais ou d’un résident permanent étranger
Vous pouvez demander la résidence permanente après au moins trois ans de mariage (avec un ressortissant japonais) et un minimum d’un an de résidence au Japon.
Les lignes directrices révisées le 1er octobre 2026 portent cette exigence à cinq ans de mariage et trois ans de résidence au Japon, pour les demandes déposées à partir du 1er avril 2027. Les demandes déposées avant cette date relèvent encore de la règle actuelle (trois ans et un an) : si vous êtes déjà éligible, mieux vaut donc ne pas attendre.
Gardez à l’esprit que vous devrez prouver que vous vivez ensemble et que vous formez un « vrai » couple marié.

Si vous n’avez pas d’enfants, le bureau d’immigration peut vous demander des photos de vous et de votre conjoint au fil des années, ainsi que d’autres preuves de votre vie commune.
Reconnu comme « professionnel hautement qualifié » de type 1 ou 2
Ce système existe depuis 2012 et accorde un traitement migratoire préférentiel aux étrangers considérés comme « hautement qualifiés ».
C’est un visa très recherché, qui couvre un large éventail de métiers.
Voici quelques exemples de postes :
- Architectes logiciels
- Data scientists
- Ingénieurs aérospatiaux
- Ingénieurs en robotique
- Analystes en cybersécurité
- Banquiers d’affaires
- Analystes financiers
- Consultants en management
- Juristes d’entreprise
- Autres postes d’expertise qui contribuent à la société japonaise
Beaucoup de ces postes relèvent de secteurs tels que :
- La finance
- La technologie
- La recherche scientifique
- Les fonctions de haut niveau liées à l’administration
Pour obtenir ce statut puis demander la résidence permanente, il faut
- 80 points (et un an de séjour continu au Japon)
- ou 70 points (et 3 ans de séjour continu au Japon).
Candidats célibataires
Si vous êtes célibataire et demandez la résidence permanente, l’examen de votre dossier sera nettement plus strict.
Vous devrez en outre justifier des 10 années complètes de résidence continue au Japon.
Cependant, le vrai écart et le principal obstacle pour ceux qui n’épousent pas un ressortissant japonais reste de trouver un garant officiel pour appuyer la demande de PR, comme expliqué plus haut.
Procédure de demande
Voyons comment demander la résidence permanente japonaise, étape par étape.
Rassembler les documents officiels
Voici la partie la plus ardue : réunir tous les documents nécessaires. Ils servent à vérifier votre identité, votre stabilité financière au fil des années et votre respect des lois japonaises.
Je détaille ces consignes ici en français, mais quand vous irez de guichet en guichet pour les récupérer vous-même, préparer à l’avance les phrases et questions en japonais vous aidera beaucoup.
Les formulaires sont eux aussi rédigés en japonais, mais des versions traduites existent ; je les ai liées plus bas.
Voici la liste des documents à fournir pour la demande de résidence permanente au Japon :
- Formulaire de demande
- Passeport et carte de résident
- Photo récente (4 cm × 3 cm) prise il y a moins de 3 mois
- Certificat de résidence
- Justificatif d’emploi (si vous en avez un)
- Justificatif de votre revenu annuel
- Preuve du paiement de vos impôts
- Certificats fiscaux nationaux
- Relevés de cotisations retraite
- Relevés bancaires
- Lettre de garantie
- Copie de la carte d’assurance maladie
Si vous avez de la famille au Japon ou épousez un ressortissant japonais, vous aurez aussi besoin de :
- Koseki Tohon
- Acte de mariage
- Une lettre de votre conjoint
Le tout doit être réuni dans un dossier puis déposé auprès de votre bureau d’immigration local. Aucun rendez-vous n’est nécessaire : présentez-vous simplement pendant les heures d’ouverture.
Voyons chaque document en détail.
Formulaires de demande et pièces d’identité
Formulaire de demande de résidence permanente : il s’agit du formulaire standard.
Soyez prêt à expliquer pourquoi vous souhaitez la résidence permanente au Japon et gardez sous la main une copie de votre CV. Vous devrez indiquer où vous avez travaillé au Japon au fil des ans.
La version liée ci-dessus comporte une traduction anglaise sous le texte japonais, et elle est acceptée pour le dépôt.
Vous pouvez saisir ces informations dans le fichier Excel fourni, puis l’imprimer pour le dépôt.
Passeport et carte de résident
Assurez-vous de disposer d’un passeport à jour de votre pays d’origine, avec au moins 6 mois de validité restante.
Les passeports proches de l’expiration sont refusés. Vous le remettrez avec une photocopie et votre carte de résident actuelle.
Le passeport vous sera rendu au guichet une fois les informations saisies dans l’ordinateur.
Avertissement sur le visa : un point mérite votre attention avant de demander la résidence permanente. Les lignes directrices attendent que votre visa actuel porte la plus longue durée de séjour permise par votre statut. Jusqu’au 31 mars 2027, l’agence considère un séjour de 3 ans comme le plus long. À partir du 1er avril 2027, ce raccourci disparaît, sauf une exception ponctuelle pour les personnes titulaires d’un séjour de 3 ans au 31 mars 2027.
Photo récente
Vous devez fournir une photo récente (4 cm × 3 cm), prise au cours des trois derniers mois. Vous pouvez la faire faire dans les photomatons situés devant certains supermarchés et pharmacies.
Certificat de résidence
Le juminhyo (certificat de résidence) confirme à la fois votre adresse actuelle et votre statut de résident ; vous devez vous rendre en personne à votre mairie pour le demander.
Lisez bien les règles de votre ville concernant la procédure de demande de résidence permanente.
Sachez que plusieurs exemplaires officiels, ou des exemplaires couvrant plusieurs années, peuvent être demandés.
Documents financiers
Vous devez présenter de nombreux documents financiers, dont :
- un justificatif d’emploi (si vous en avez un)
- un justificatif de votre revenu annuel
- la preuve du paiement de vos impôts
- des certificats fiscaux nationaux
- des relevés de cotisations retraite
- des relevés bancaires
Le justificatif d’emploi est le premier document à demander à votre employeur, mais les autres pièces financières demandent généralement quelques allers-retours.
Vous devrez aussi demander à vos employeurs vos anciens bulletins de salaire annuels (si vous ne les avez pas classés chaque année lors de la déclaration d’impôts).
Pour la preuve de paiement des impôts, vous devrez très probablement vous rendre au centre des impôts local (zeimusho). Attention : il peut falloir des justificatifs pour plusieurs années, ce qui varie selon la région.
Pour les relevés de cotisations retraite, contactez le bureau des pensions (nenkin office) afin d’obtenir la preuve que vous cotisez au régime national de retraite.
Les relevés de solde bancaire s’obtiennent auprès de votre banque.
Lettre de garantie
Comme je l’ai expliqué, vous avez besoin d’un formulaire de garantie et de quelqu’un qui se porte garant de votre demande de PR.
Copie de la carte d’assurance maladie
Vous devez joindre une copie de votre carte d’assurance maladie. C’est assez simple à faire.

Koseki Tohon
Si vous êtes marié ou avez de la famille au Japon, il vous faut votre Koseki Tohon. C’est en gros un registre familial qui atteste votre famille au Japon.
Vous pouvez aussi devoir présenter votre acte de mariage.
Dans certains cas, une lettre de votre conjoint peut être exigée, par exemple si vous déposez votre demande après 3 ans de mariage sans avoir encore 10 ans de présence au Japon.
Il n’existe pas de format imposé, mais elle doit décrire les détails de votre mariage et de votre relation. Le mieux est de vérifier auprès de votre bureau d’immigration local si elle est nécessaire dans votre cas.
Déposer votre demande de PR et attendre l’approbation
Vous déposez votre demande de PR auprès du bureau d’immigration dont vous dépendez. Vous devez rester au Japon pendant l’instruction. L’Agence des services d’immigration indique un délai de traitement standard de 4 à 6 mois, mais pour être honnête, ce n’est qu’une indication.
En pratique, comptez six mois ou plus.
Il arrive que l’on doive renouveler son visa temporaire (s’il arrive à échéance) pendant la procédure de PR, tant elle peut être longue.
Quoi qu’il arrive, ne laissez pas votre visa temporaire expirer en attendant la PR : vous devez disposer d’un visa valide en permanence.
Frais de dossier
Les frais ne sont pas élevés si vous faites la démarche vous-même, c’est-à-dire sans recourir à un service juridique pour rassembler les pièces et faire les démarches à votre place.
Les frais de la demande de PR elle-même sont de 200 000 JPY depuis le 1er octobre 2026. Vous ne les payez qu’en cas d’approbation, sous forme de timbres fiscaux. Les demandes reçues jusqu’au 30 septembre 2026 paient encore les anciens 10 000 JPY.
La hausse est importante, et la loi qui la fonde est déjà adoptée. La modification de la loi sur l’immigration de 2026, promulguée le 29 mai 2026, a relevé le plafond légal des frais de résidence permanente de 10 000 à 300 000 JPY, et celui des frais de changement de statut et de renouvellement de 10 000 à 100 000 JPY chacun.
Les montants réellement dus sont désormais fixés. Depuis le 1er octobre 2026, la PR coûte 200 000 JPY. Les changements de statut et renouvellements passent d’un tarif unique de 6 000 JPY à une grille de 10 000 à 75 000 JPY, selon la durée de séjour accordée.
Date limite des anciens frais dépassée : les demandes reçues jusqu’au 30 septembre 2026 paient encore les anciens 10 000 JPY, même si elles sont approuvées après le 1er octobre. Toute demande déposée à partir du 1er octobre coûte 200 000 JPY. Consultez la page PR de l’Agence des services d’immigration avant de payer.
Si vous faites appel à un service juridique, la facture sera bien plus élevée. J’y reviendrai plus loin dans l’article.
Services d’aide linguistique
Il y a de fortes chances que vous ayez besoin d’aide si vous faites la demande seul.
Des services en anglais existent. Vous pouvez contacter le centre d’information de l’Agence des services d’immigration, qui répond aux questions sur les démarches en anglais et dans d’autres langues.
Depuis le Japon, appelez le 0570-013904, ouvert de 8 h 30 à 17 h 15 en semaine. Depuis l’étranger ou avec un téléphone IP, appelez le 03-5796-7112.
Ce centre d’information se trouve à Tokyo, mais l’aide par téléphone est accessible à tout étranger vivant au Japon.
Ce que l’Agence des services d’immigration exige pour une demande de PR
La liste officielle est plus longue que ce qu’indiquent la plupart des guides. Voici les éléments pour les candidats titulaires d’un visa de travail ou d’un visa de personne à charge. Les conjoints de ressortissants japonais et les profils hautement qualifiés suivent d’autres listes. (Vérifié en octobre 2026.)
- Formulaire de demande : un formulaire, avec une photo de 4 cm sur 3 cm jointe.
- Lettre de motivation : une lettre au format libre expliquant pourquoi vous voulez la PR. Ajoutez une traduction en japonais si vous la rédigez dans une autre langue.
- Certificat de résidence du foyer : un juminhyo pour toute la famille, sans votre numéro My Number.
- Justificatif d’activité : une attestation d’emploi ou, si vous êtes indépendant, une copie de votre déclaration de revenus.
- 5 ans de justificatifs de taxe d’habitation locale : certificats de revenu imposable et de paiement pour les 5 dernières années. Si votre employeur n’a pas retenu cette taxe sur votre salaire certaines années, ajoutez la preuve que vous l’avez payée à temps pour ces années.
- Certificat fiscal national n° 3 : un pour chacun des 5 impôts : retenue à la source sur le revenu, impôt sur le revenu, taxe sur la consommation, droits de succession et droits de donation.
- 2 ans de retraite et d’assurance maladie : relevés de retraite et preuves de paiement des cotisations d’assurance des 2 dernières années. Les cotisants au régime national de retraite remettent aussi leurs reçus de paiement.
- Patrimoine : une copie de votre livret bancaire ou un certificat d’inscription foncière.
- Pièces du garant : une lettre de garantie signée, plus une pièce d’identité de votre garant.
- Pièce d’identité : votre passeport et votre carte de résident, présentés au guichet.
Tout certificat délivré au Japon doit avoir moins de 3 mois. Les documents rédigés dans une autre langue nécessitent une traduction en japonais. L’agence demande aussi de joindre sa fiche d’auto-évaluation de la PR et précise qu’un seul « Non » y rend un refus probable. Elle peut réclamer des pièces supplémentaires une fois l’examen commencé. Votre preuve d’assurance maladie compte, car les cotisations payées en retard jouent contre vous.
Astuce : conservez vos reçus de paiement. L’agence les demande pour prouver que vous n’avez jamais payé en retard, et un reçu manquant peut ruiner un dossier par ailleurs impeccable.
Après le dépôt : délais d’attente et paiement des frais avec des timbres fiscaux
L’agence indique un délai de traitement standard de 4 à 6 mois. Vous déposez le dossier au bureau d’immigration dont dépend votre adresse. Les horaires de réception sont indiqués du lundi au vendredi, de 9 h à 12 h et de 13 h à 16 h. (Vérifié en octobre 2026.)
Les 200 000 JPY ne sont pas payés au dépôt. Vous ne les réglez qu’en cas d’approbation, en timbres fiscaux, lors du retrait du résultat. Voici comment cela se passe :
- L’agence vous envoie une carte postale indiquant le montant dû.
- Achetez les timbres en espèces dans un grand bureau de poste avant de vous rendre sur place. Les boutiques du bureau d’immigration sont souvent en rupture de timbres.
- Pour une approbation de PR, les timbres totalisent 200 000 JPY, soit deux timbres de 100 000 JPY d’après l’agence.
- Si vous achetez la mauvaise valeur, vous pouvez l’échanger à la poste contre d’autres timbres d’un montant total identique. Il en coûte 5 JPY par timbre, et aucun remboursement en espèces n’est possible.
Si votre période de séjour actuelle se termine pendant l’examen de la demande de PR, vous devez déposer séparément une demande de prolongation avant son expiration. Ne laissez pas votre visa expirer pendant l’attente.
Un tarif réduit existe. Des frais de PR de 20 000 JPY ne s’appliquent qu’au conjoint ou à l’enfant d’un ressortissant japonais, d’un résident permanent ou d’un résident permanent spécial en grande difficulté financière. Déposez la demande au guichet avec les justificatifs, car le système en ligne ne traite pas les réductions.
Faut-il parler japonais ?
Pour demander la résidence permanente au Japon, la maîtrise du japonais n’est pas une condition obligatoire.
Toutefois, si vous pouvez prouver votre niveau de japonais grâce à des certifications comme le Japanese Language Proficiency Test (JLPT), c’est un atout. Le plus difficile reste la procédure de demande elle-même.
Beaucoup de formulaires sont traduits en anglais, mais la majorité ne le sont pas. Les avis en ligne sont partagés, la grande majorité répondant « Non », le japonais n’est pas nécessaire.
Pourtant, d’après mon expérience, le Japon n’est pas un pays où l’on se débrouille en anglais, il ne s’adapte pas à ceux qui ne parlent que cette langue, et votre quotidien sans japonais sera limité dans bien des domaines.
Faut-il parler japonais pour une demande de PR ? Non. Mais devriez-vous en connaître un peu au moment de la demande ? De préférence, oui.
Cette réponse a une date de péremption. Les lignes directrices révisées de l’Agence des services d’immigration du 1er octobre 2026 font de la maîtrise du japonais un critère de sélection, au niveau B1 ou supérieur du Cadre de référence pour l’éducation en langue japonaise. Le B1 correspond au stade où l’on gère seul son quotidien sans grande aide, généralement situé autour du JLPT N3 à N2, même si les lignes directrices ne citent aucun test.
Ces lignes directrices vérifient aussi que vous comprenez le fonctionnement de la vie au Japon, sur la base du Guidebook on Living and Working du gouvernement. Les professionnels hautement qualifiés et leur famille sont dispensés du critère de langue, de même que les personnes ayant suivi six ans ou plus d’école primaire ou secondaire au Japon. Elles s’appliquent aux demandes déposées à partir du 1er avril 2027.
Services juridiques professionnels
Il est tout à fait possible de demander la résidence permanente japonaise seul, mais il y a trois bonnes raisons principales de faire appel à un service juridique professionnel.
- Vous êtes célibataire et ne trouvez pas de garant.
- Vous parlez très peu japonais.
- Vous ne voulez pas déposer de mauvais papiers, au risque de multiplier les allers-retours entre le bureau d’immigration et d’autres services municipaux, ce qui fait perdre un temps précieux.
Si cela vous intéresse, je vous recommande deux services ci-dessous.
Le premier est Mori and Niitsu Legal ; ce cabinet traite de nombreux types de demandes pour les étrangers, mais est spécialisé en immigration.
La démarche coûte entre 100 000 (630 USD) et 180 000 JPY (1 135 USD). La moitié des honoraires est à régler d’avance, l’autre moitié une fois la demande approuvée.
Le second service s’appelle Japan Immigration Law Firm. Sa page de tarifs indique 200 000 JPY (1 260 USD) pour une demande de résidence permanente, hors taxes.
Il faut d’abord contacter cette société par e-mail pour demander une consultation.
Avantages de la résidence permanente
Beaucoup de résidents de longue date au Japon ressentent un grand soulagement une fois la résidence permanente obtenue, surtout ceux qui sont mariés et ont des enfants.
Elle présente quelques avantages, mais aussi des implications fiscales qui auront des effets sur votre quotidien.
Fini le renouvellement de visa
Avant tout : fini les renouvellements de visa obligatoires et pénibles !
Vous n’avez plus à vous soucier des examens de renouvellement, et aucune durée de séjour précise n’est inscrite sur votre carte de résident.
Si vous êtes déjà passé par là plusieurs fois, vous voyez de quoi je parle : devoir se rendre à l’immigration pour respecter une échéance tous les un, trois ou cinq ans est assez stressant.
Plus d’opportunités d’emploi
Ensuite, vous aurez plus de liberté pour choisir votre travail au Japon.
Sans la contrainte d’un statut de visa précis, vous pouvez exercer le métier qui vous convient.
Certains visas limitent les secteurs où l’on peut travailler et vous cantonnent à certains domaines. Vous n’aurez donc plus besoin de l’accord de l’immigration pour changer d’emploi, et vous pourrez aussi travailler en freelance ou vous lancer dans l’entrepreneuriat, comme vous le souhaitez.
Une vie au Japon plus facile
Les titulaires d’une résidence permanente obtiennent aussi plus facilement des prêts, une nouvelle carte de crédit, un compte d’investissement (actions ou crypto), des crédits auto ou immobiliers, et même un appartement à louer.
Vous n’avez en outre plus besoin de mettre à jour votre carte de résident auprès de toutes vos banques.
En tant que titulaire d’une carte permanente, vous entrez dans une autre catégorie de risque : vos taux sont meilleurs, et vos plafonds de crédit plus élevés, aussi bien sur les cartes que sur les prêts.
De fait, beaucoup d’étrangers qui obtiennent un visa permanent constatent tout de suite que leurs demandes de cartes de crédit sont bien plus souvent acceptées.

Pour être honnête, c’est la différence de traitement de mes banques qui m’a le plus marqué.
Avec un visa temporaire, il ne faut pas seulement le renouveler auprès de l’immigration : vos comptes peuvent être bloqués si vous ne communiquez pas la nouvelle carte à toutes vos banques.
Cela prend des heures, mais si vous l’oubliez, vos comptes risquent d’être gelés, ce qui complique sérieusement vos paiements mensuels.
Avec une carte de résident permanent sans date d’expiration, vous échappez à cette formalité extrêmement pénible tous les quelques années.
Un divorce ou le décès inattendu du conjoint n’affecte pas votre résidence
De plus, le divorce ou le décès inattendu d’un conjoint n’affecte pas votre résidence.
La vie est pleine d’imprévus, et la résidence permanente vous permet de continuer à vivre au Japon avec ou sans votre partenaire japonais.
Si vous avez des enfants et les élevez au Japon, il est vivement conseillé d’obtenir la résidence permanente.
Votre résidence permanente est conservée même en cas de divorce.
Implications fiscales pour les résidents permanents
En tant que non-résident permanent, vous n’êtes imposé que sur les revenus gagnés au Japon, ce qui exclut les revenus perçus à l’étranger et non envoyés au Japon.
Si vous devenez résident permanent, vous êtes imposé sur l’ensemble de vos revenus mondiaux, au Japon comme à l’étranger.
Si votre pays d’origine taxe les revenus mondiaux, comme les États-Unis, votre situation fiscale sera donc plus compliquée.
Le Japon a signé des conventions de double imposition avec de nombreux pays, dont les États-Unis, mais il vaut la peine de consulter un conseiller fiscal pour respecter correctement la réglementation.
Il y a une autre raison de rester à jour sur vos impôts après l’obtention de la PR. À partir d’avril 2027, une nouvelle règle d’immigration permet à l’État de vous retirer la résidence permanente si vous ne payez pas volontairement vos impôts ou vos cotisations de retraite.
Cette mesure a rendu nerveux bien des étrangers au Japon, même si vous ne devriez pas avoir de souci en cas de retard pour une vraie raison, comme une maladie ou la perte de votre emploi. Dans tous les cas, la leçon est la même : continuez à payer vos impôts et vos cotisations à temps, même une fois résident permanent.
Quand la PR japonaise peut être retirée
La modification de la loi sur l’immigration de 2024 a ajouté trois motifs de retrait de la PR, et l’agence a publié le 1er octobre 2026 sa ligne directrice sur leur application. Elle précise que ces règles visent un petit nombre de cas graves, pas la grande majorité des résidents permanents. (Vérifié en octobre 2026.)
- Non-paiement volontaire de charges publiques : cela couvre l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation locale et les cotisations de retraite publique et d’assurance maladie. Le mot clé est « volontaire » : vous savez que vous devez cet argent et choisissez de ne pas le payer.
- Manquement aux obligations du droit de l’immigration : par exemple ne pas renouveler sa carte de résident à l’expiration ou refuser de la présenter sur demande. L’agence affirme ne pas prévoir de retirer la PR pour une carte simplement oubliée à la maison.
- Certaines infractions passibles de prison : la liste se limite aux infractions intentionnelles comme le vol, la fraude, l’extorsion, le meurtre et la conduite dangereuse causant des blessures ou la mort. Une peine avec sursis compte aussi.
L’agence indique que ces situations ne relèvent pas du non-paiement volontaire : vous ne pouvez pas payer à cause d’une maladie, d’une catastrophe ou de la perte de votre emploi, ou vous avez informé les autorités que vous paierez et suivez un plan d’échelonnement ou de report. Elle cite comme cas typiques pouvant mener au retrait les échéances manquées de façon répétée dans ce plan, une condamnation pour fraude fiscale et la dissimulation de biens pour échapper au recouvrement.
Même lorsqu’un motif s’applique, la première étape habituelle consiste à vous faire passer à un autre statut de résidence. Le retrait vise les personnes que l’agence juge inaptes à rester au Japon. Notre guide sur les impôts au Japon pour les étrangers montre ce que vous devez.
Garder sa carte de résident permanent valide
Quelques points sont à garder en tête pour que votre carte de résident permanent reste valide.
- La résidence permanente au Japon n’expire pas, mais la carte elle-même doit être renouvelée. Les cartes délivrées à partir du 14 juin 2026 sont valables jusqu’à votre 10e anniversaire, tandis que les cartes émises avant doivent être renouvelées tous les 7 ans. Vous renouvelez en vous rendant en personne au bureau d’immigration pour montrer que vous vivez toujours au Japon.
- Si vous quittez le Japon plus d’un an, vous devez obtenir un permis de réentrée auprès du bureau d’immigration.
- Vous devez revenir au Japon avant l’expiration de votre permis de réentrée.
Ce changement de validité est venu avec un nouveau format de carte le 14 juin 2026. Les nouvelles cartes comportent une photo pour toute personne à partir de 1 an, et des informations comme votre période de séjour figurent désormais sur la puce. Le Japon a aussi lancé une Specified Residence Card (特定在留カード) facultative, qui fusionne votre carte de résident et votre carte My Number. Les détails officiels sont sur le site de l’Agence des services d’immigration.
Questions fréquentes
Combien de temps prend une demande de PR au Japon ?
L’Agence des services d’immigration indique un délai de traitement standard de 4 à 6 mois. Certains dossiers sont plus longs : gardez donc votre visa actuel valide et renouvelez-le séparément s’il expire pendant l’examen.
Combien de temps puis-je rester hors du Japon sans nuire à ma demande de PR ?
La ligne directrice remonte sur 10 ans. Cela joue contre vous si vous avez passé six mois ou plus à l’étranger lors d’un seul voyage, ou 2 ans et 6 mois au total, sans motif raisonnable.
Puis-je déposer ma demande de PR en ligne ?
Vous déposez le dossier en personne au bureau d’immigration dont dépend votre adresse ; l’agence indique des horaires de guichet de 9 h à 12 h et de 13 h à 16 h en semaine. Les réductions de frais ne peuvent être demandées qu’au guichet.
Qui peut être mon garant pour une demande de PR ?
L’agence indique qu’un garant est normalement un ressortissant japonais, un résident permanent ou un résident permanent spécial vivant au Japon. Il signe une lettre de garantie et remet une pièce d’identité.
Qu’est-ce qui compte comme la période de séjour « la plus longue » pour la PR ?
Votre visa actuel doit porter la durée de séjour maximale permise par votre statut. Jusqu’au 31 mars 2027, un séjour de 3 ans compte comme le plus long. À partir du 1er avril 2027, ce raccourci disparaît, avec une exception pour les personnes titulaires d’un séjour de 3 ans au 31 mars 2027 qui déposent leur première demande de PR avant son expiration.
Le revenu de mon conjoint est-il pris en compte dans le test de revenu du foyer ?
Oui, si votre conjoint a un visa de type travail. La ligne directrice additionne les revenus du foyer et compte les proches que vous soutenez, même à l’étranger, dans la taille du foyer. Les revenus d’un conjoint ou d’un enfant titulaire d’un visa de personne à charge ne comptent pas, car ils ne peuvent travailler que de façon limitée.
À vous de jouer
Si vous comptez vivre au Japon toute votre vie, demander la résidence permanente japonaise peut changer votre existence.
Elle vous permet de vivre au Japon pour toujours sans plus jamais demander de visa, mais aussi d’accéder à davantage d’opportunités professionnelles et de vous simplifier nettement la vie sur place.
Sources citées
- Agence des services d’immigration : lignes directrices sur la PR (révisées le 1er octobre 2026) : revenu, retraite, langue, séjour le plus long, absences, voie du conjoint, dates de dépôt.
- Agence des services d’immigration : demande de résidence permanente : frais de 200 000 JPY, 4 à 6 mois de traitement, garant, horaires de guichet.
- Agence des services d’immigration : demande de PR n° 3 (visas de travail et de personne à charge) : liste officielle des documents.
- Agence des services d’immigration : achat de timbres fiscaux : combinaisons de timbres, espèces uniquement, règles d’échange.
- Agence des services d’immigration : réductions de frais à partir du 1er octobre 2026 : frais de PR réduits à 20 000 JPY.
- Agence des services d’immigration : ligne directrice sur le retrait du statut de résident permanent : trois motifs, exemples, exclusions.
- Agence des services d’immigration : Specified Residence Card : nouvelle validité des cartes depuis le 14 juin 2026.
- Agence des services d’immigration : centres d’information : numéros de téléphone et horaires.





