Visa nomade numérique en Asie : les 11 pays comparés (2026)

La lecture de cet article prend environ 30 minutes. Pas le temps pour le moment ? Aucun souci. Envoyez-vous la version sans publicité par e-mail et lisez-la plus tard.

loading image

Pendant des années, les nomades numériques en Asie ont évolué dans une zone grise juridique. Bien avant l’apparition des visas officiels, ils vivaient déjà en Thaïlande, en Indonésie, au Vietnam, aux Philippines ou en Malaisie, attirés par le faible coût de la vie, des infrastructures fiables et des communautés de nomades bien installées.

Le problème, c’est qu’aucun visa n’avait été pensé pour eux. La plupart voyageaient avec un visa touristique, qui n’est pas prévu pour le télétravail. À chaque « visa run », la crainte d’un refus d’entrée planait. Travailler depuis un espace de coworking pouvait attirer des questions, et les obligations fiscales restaient souvent floues.

Ces dernières années, de plus en plus de pays asiatiques ont toutefois créé des visas officiels de nomade numérique ou de télétravail, qui permettent de séjourner légalement.

Les conditions varient beaucoup. Le Japon, la Corée du Sud et les Émirats arabes unis conviennent surtout aux télétravailleurs salariés, puisqu’ils exigent un contrat de travail. D’autres, comme la Thaïlande, la Malaisie et Taïwan, se montrent plus souples et acceptent aussi les freelances et les indépendants.

Dans la pratique, les nomades placent le DE Rantau Pass malaisien et le DTV thaïlandais en tête pour la souplesse et le rapport qualité-prix, tandis que Bali reste la base la plus prisée de la région (souvent via le contournement du B211A indonésien). Le Japon, la Corée du Sud et les Émirats s’adressent surtout aux gros revenus munis d’un contrat de travail.

L’essentiel à retenir

  • Onze pays asiatiques proposent désormais un visa de nomade numérique ou de télétravail.
  • Les revenus exigés vont de zéro (Kirghizistan) à environ 70 000 USD par an (Japon, Corée du Sud).
  • Le Japon, la Corée du Sud et les Émirats exigent en général un contrat de travail ; la Thaïlande, la Malaisie et Taïwan acceptent les freelances.
  • Le DTV thaïlandais compte parmi les visas les moins chers et les plus souples : valable cinq ans, sans revenu minimum (seulement des économies).
  • La plupart de ces visas sont limités dans le temps et ne mènent pas à la résidence permanente.
  • La résidence fiscale diffère d’un pays à l’autre ; rester plus de 180 jours peut entraîner une imposition locale.
  • Pour choisir, pesez le coût de la vie, la qualité d’internet, le niveau d’anglais et l’offre de coworking.

Les principales différences entre les visas de nomade numérique en Asie

Quelques repères utiles :

  • Durée de validité : elle va de 6 mois (Japon et premier séjour à Taïwan) à 10 ans au total (Kirghizistan).
  • Revenus exigés : les seuils varient fortement, de l’absence de minimum officiel (Kirghizistan) à environ 70 000 USD par an (Japon et Corée du Sud).
  • Assurance santé : tous les programmes asiatiques de visa pour nomades numériques exigent une assurance santé valide couvrant toute la durée du séjour.
  • Impôts : en Asie, la plupart de ces visas ne vous exonèrent PAS automatiquement d’impôt. Souvent, un séjour de plus de 183 jours déclenche l’imposition de vos revenus mondiaux.
  • Qualité d’internet : la connexion est globalement bonne en Asie. La Corée du Sud, le Japon, Taïwan, les Émirats et les grandes villes de Thaïlande et de Malaisie figurent parmi les plus rapides et les plus fiables au monde.
  • Santé : le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, la Thaïlande, la Malaisie et les Émirats arabes unis passent pour avoir les meilleurs systèmes de santé parmi les pays asiatiques qui proposent un visa de nomade numérique.
  • Visa à venir : les Philippines préparent un visa de nomade numérique. Nous l’ajouterons à la liste dès sa sortie officielle. Pour en savoir plus, lisez notre guide sur le visa de nomade numérique des Philippines.

Les meilleurs visas de nomade numérique en Asie

Voici notre sélection des meilleurs visas de nomade numérique en Asie, classés selon votre situation.

Les meilleurs pour les salariés en télétravail aux revenus élevés

  • Japon
  • Corée du Sud
  • Émirats arabes unis (Dubaï)

Les meilleurs pour les freelances et les indépendants

  • Thaïlande
  • Malaisie
  • Taïwan

Les meilleurs avec un seuil de revenus bas

  • Kirghizistan (aucun seuil de revenus)
  • Thaïlande (aucun revenu exigé. En revanche, il faut avoir au moins 500 000 THB (environ 16 000 USD) sur son compte bancaire)
  • Sri Lanka (2 000 USD par mois)
  • Malaisie (24 000 USD par an pour les professionnels de la tech)
  • Taïwan (20 000 USD par an pour les candidats de 20 à 29 ans)

Les meilleurs pour les longs séjours

  • Kirghizistan (prolongations jusqu’à 10 ans)
  • Indonésie (jusqu’à 6 ans)
  • Thaïlande (jusqu’à 5 ans de validité)

Les meilleurs pour une fiscalité avantageuse

  • Émirats arabes unis (Dubaï)
  • Kazakhstan
  • Kirghizistan

Visas de nomade numérique en Asie : tableau comparatif

Le tableau ci-dessous recense tous les pays asiatiques qui proposent un visa de nomade numérique, avec leurs conditions. Il indique aussi si vous pouvez devenir résident fiscal, comment les titulaires de ce visa sont en général imposés et s’il est possible d’ouvrir un compte bancaire local.

PaysNom du visaDuréeRevenus exigésRésident fiscalImpôt local ?Compte bancaire ?
IndonésieE33G Temporary Resident Visa1 an, renouvelable jusqu’à 6 ans60 000 USD par an ; contrat de travail avec un employeur étranger183 jours/anLes revenus mondiaux sont imposés à 35 % une fois la résidence fiscale acquiseOui
JaponDigital Nomad Visa6 mois, non renouvelable10 000 000 JPY par an (environ 70 000 USD) ; nationalité éligibleNonNonNon
KazakhstanNeo Nomad Visa1 an + 1 an de prolongation (2 ans maximum)3 000 USD par mois ; assurance ; lettre d’invitation sauf exemption183 jours/anLes revenus mondiaux sont imposés à 10 % une fois la résidence fiscale acquiseOui
KirghizistanDigital Nomad Visa (DN)6 mois. Puis 1 an de prolongation (jusqu’à 10 ans)Aucun revenu minimum ; métier lié aux TIC ; télétravail pour l’étranger183 jours/anLes revenus mondiaux sont imposés à 10 % une fois la résidence fiscale acquise. Oui
MalaisieDE Rantau Nomad Pass3 à 12 mois, prolongeable jusqu’à 24 mois24 000 USD (tech) ou 60 000 USD (hors tech) par an182 jours/anLes revenus mondiaux peuvent être imposés jusqu’à 30 % une fois la résidence fiscale acquise.Peu probable
Corée du SudF-1-D Workation Visa1 an + 1 an de prolongation (2 ans maximum)Deux fois le RNB par habitant coréen de l’année précédente (environ 70 000 USD par an) ; emploi à l’étranger183 jours/anLes revenus mondiaux peuvent être imposés jusqu’à 42 % une fois la résidence fiscale acquise.Oui
Sri LankaDigital Nomad Visa1 an, renouvelable2 000 USD par mois183 jours/anNe concerne que les revenus perçus au Sri Lanka.Oui
TaïwanDigital Nomad Visitor VisaJusqu’à 180 jours20 000 à 40 000 USD selon l’âge ; nationalité exemptée de visa183 jours/anLes revenus mondiaux peuvent être imposés jusqu’à 40 % ou au taux forfaitaire de 20 % une fois la résidence fiscale acquise.Oui, mais la démarche peut être difficile.
ThaïlandeDestination Thailand Visa (DTV)180 jours + 180 jours de prolongation, valable jusqu’à 5 ans500 000 THB d’économies (environ 16 000 USD) ; preuve de télétravail180 jours/anSeulement si vous rapatriez vos revenus mondiaux en Thaïlande. Une convention de non-double imposition s’applique.Peu probable
TürkiyeDigital Nomad VisaJusqu’à 1 an3 000 USD par mois ; diplôme ; âge de 21 à 55 ans ; nationalité éligible183 jours/anLes revenus mondiaux peuvent être imposés jusqu’à 40 % une fois la résidence fiscale acquise.Oui
Émirats arabes unis (Dubaï)Virtual Work Visa1 an3 500 USD par mois ; contrat de travail avec un employeur étranger183 jours/an0 % une fois la résidence fiscale acquise.Oui

Indonésie

L’Indonésie, et Bali en particulier, figure parmi les destinations de nomades numériques les plus prisées au monde, mais ses visas actuels offrent peu de souplesse. Le Remote Worker Visa (E33G) exige un contrat de travail avec une entreprise établie hors d’Indonésie.

Ce visa s’adresse aux télétravailleurs et repose sur deux conditions principales : 

  • Vous devez avoir un contrat avec une entreprise située hors d’Indonésie 
  • Vous devez justifier d’un revenu annuel de 60 000 USD 

Le visa est valable un an et permet d’ouvrir un compte bancaire.

L’imposition en Indonésie dépend de votre statut fiscal. Si vous y restez moins de 183 jours par an, vous êtes non-résident fiscal et n’avez pas à payer d’impôt indonésien sur vos revenus mondiaux.

En revanche, au-delà de 183 jours par an, vous devez déclarer vos revenus mondiaux et vous êtes imposé à des taux pouvant atteindre 35 %. Si vous avez déjà payé l’impôt sur ces revenus dans un autre pays, une convention de non-double imposition peut vous permettre de le déduire sous forme de crédit d’impôt et d’alléger votre facture indonésienne.

Le Remote Worker Visa indonésien ne convient pas aux nomades à petit budget : son seuil de revenus est relativement élevé par rapport aux autres pays d’Asie.

Source officielle : Indonesia Remote Worker Visa (E33G)

Tropical Nomad
Tropical Nomad, un espace de coworking très prisé à Canggu, à Bali, environ 14 USD par jour.

À mon avis, Bali est l’un des meilleurs endroits pour vivre et travailler en tant que nomade numérique.

D’abord, la vie y est incroyablement facile. Inutile de se demander quoi porter, quoi manger, où travailler ou où voir du monde : tout, absolument tout, se fait sans effort ici.

Erdem Sentunali, de NomadVibe.


Japon

Le visa de nomade numérique japonais impose le seuil de revenus le plus élevé d’Asie et autorise aussi le séjour le plus court : 6 mois seulement, sans possibilité de renouvellement. 

Deux conditions principales s’appliquent : 

  • Votre revenu annuel doit atteindre au moins 10 000 000 JPY (environ 70 000 USD) 
  • Vous devez avoir la nationalité d’un des pays éligibles listés sur le site officiel, comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne

Ce visa ne permet pas d’ouvrir un compte bancaire au Japon. Comme le séjour est limité à 6 mois, vous ne devenez pas résident fiscal et n’avez pas d’impôt sur le revenu à payer au Japon.

Par ailleurs, avec un séjour de 6 mois seulement, il présente peu d’intérêt si vous venez des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Allemagne ou de nombreux pays de l’UE, dont les ressortissants peuvent déjà rester 90 jours au Japon sans visa (et éventuellement prolonger jusqu’à 6 mois).

Il reste une option si vous voulez être certain de pouvoir rester 6 mois au Japon en télétravail (la prolongation d’un séjour sans visa n’est pas toujours garantie), si vous avez besoin d’un statut de télétravailleur en règle, ou si votre pays ne bénéficie pas d’un séjour sans visa aussi long.

Advertisement

Source officielle : Japan Digital Nomad Visa – Ministry of Foreign Affairs

.andwork, un espace de coworking en plein cœur de Shibuya, à Tokyo, environ 22 USD par jour.

Kazakhstan 

Le Kazakhstan propose le Neo Nomad Visa (B12-1) aux nomades numériques qui souhaitent télétravailler depuis le pays.  Il n’est cependant pas facile à obtenir, pour plusieurs raisons : 

  • Le seuil de revenus est élevé pour l’Asie : au moins 3 000 USD par mois
  • Les pièces à fournir sont nombreuses. Vos déclarations de revenus et votre casier judiciaire doivent par exemple être apostillés. Sauf si vous avez l’une des 48 nationalités listées sur le site officiel, il faut aussi une lettre d’invitation. 
  • L’ensemble de la procédure peut être compliqué. Décrocher un rendez-vous dans un consulat ou une ambassade du Kazakhstan n’a rien d’évident, et l’approbation du dossier peut prendre plusieurs semaines.

Bonne nouvelle tout de même : il est possible de rester jusqu’à 2 ans au Kazakhstan. Le visa autorise d’abord un séjour d’un an, que vous pouvez ensuite prolonger d’une année. 

Côté impôts, vos revenus mondiaux sont taxés à 10 % (un taux plutôt bas) si vous devenez résident fiscal en restant plus de 183 jours par an. 

Le Kazakhstan, et surtout Almaty, est une vraie pépite encore peu connue des nomades. Le coût de la vie y est bas, et l’on vit confortablement avec environ 1 000 USD par mois. Les infrastructures sont dans l’ensemble bonnes, et il y a beaucoup à découvrir. L’anglais, en revanche, y est peu parlé.

Vous pouvez aussi demander l’e-résidence et ouvrir facilement un compte bancaire en ligne via le site officiel de l’e-résidence du Kazakhstan.

Source officielle : Embassy of the Republic of Kazakhstan

Fabrio et Ryan au Kazakhstan

Le Kazakhstan est en réalité un pays très accueillant pour les nomades numériques. De nombreux cafés sympas permettent aux télétravailleurs de s’installer pour la journée, même si les espaces de coworking sont moins répandus que dans les grands hubs de nomades. La ville est étonnamment verte, avec des rues bordées d’arbres partout.

On y trouve aussi des plats maison à petit prix dans les stolovayas, ces cantines locales très fréquentées par les habitants. Et le Kazakhstan est un vrai paradis pour les amateurs d’aventure.

Fabrio et Ryan, de THE FABRYK


Kirghizistan

Le Kirghizistan propose un visa de nomade numérique (visa de type DN) aux ressortissants de 61 pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et l’Allemagne. 

Aucun revenu minimum n’est exigé, mais le visa est pour l’instant surtout accessible aux professionnels de l’informatique.

Il est possible de rester jusqu’à 10 ans au Kirghizistan (un premier séjour de 6 mois, puis des prolongations annuelles jusqu’à 10 ans). 

Vos revenus mondiaux sont soumis à un impôt forfaitaire de 10 % si vous devenez résident fiscal en restant plus de 183 jours par année civile. Un numéro d’identification personnel (PIN) vous est en outre attribué automatiquement, sans passer par un guichet administratif. 

La demande se fait en ligne sur le portail e-Visa. Il se peut toutefois qu’une lettre d’invitation d’une organisation kirghize soit nécessaire, ce qui complique un peu la démarche. Ce n’est pas le visa le plus simple à obtenir, mais c’est faisable.

Le taux forfaitaire de 10 % est par ailleurs très intéressant : c’est l’un des plus bas d’Asie.

Source officielle : Kyrgyzstan DCS E-Visa Portal

Technopark
Technopark, un espace de coworking ouvert 24 h/24 à Bichkek, environ 14 USD par jour.
Dan, de Dan Around the World, en télétravail au Kirghizistan.

Mon seul conseil : prenez Bichkek comme base de travail, puis partez explorer le reste du pays (le Kirghizistan). C’est absolument superbe. Gardez simplement à l’esprit que les distances et les temps de trajet entre les villes peuvent être immenses.

Daniel Seymour, de Dan Around the World


Malaisie

La Malaisie propose un visa de nomade numérique, le DE Rantau Nomad Pass, ouvert aux nomades numériques comme aux télétravailleurs. Il autorise d’abord un séjour de 3 à 12 mois. 

Ensuite, vous pouvez le renouveler pour 12 mois maximum, soit un séjour total de 24 mois dans le pays.

Pour l’obtenir, vous devez prouver votre activité, avec des contrats en cours d’au moins 3 mois, et remplir les conditions de revenus suivantes.

  • 24 000 USD/an pour les travailleurs de la tech
  • 60 000 USD/an pour les autres secteurs

Vous pouvez aussi venir avec vos parents, votre conjoint et vos enfants.

La fiscalité malaisienne peut se révéler complexe : le pays applique un système territorial, que beaucoup de nomades comprennent mal.

Si vous restez moins de 60 jours en Malaisie et télétravaillez pour un employeur étranger, vous n’avez en général pas d’impôt malaisien à payer sur ce revenu.

En revanche, les revenus de source malaisienne peuvent être imposés en Malaisie, selon votre statut fiscal :

  • Si vous restez moins de 182 jours par an en Malaisie, vous êtes non-résident fiscal et imposé à un taux forfaitaire de 30 %.
  • Si vous restez 182 jours ou plus, vous êtes résident fiscal et imposé selon un barème progressif pouvant aller jusqu’à 30 %.

Les revenus de source malaisienne comprennent en général ceux d’un travail effectué en Malaisie, même si l’employeur, le contrat et le paiement sont à l’étranger. Si vous télétravaillez par exemple pour une entreprise britannique depuis la Malaisie, ce revenu est considéré comme de source malaisienne, même si le paiement et les transactions se font hors du pays.

Exonération des revenus de source étrangère : la Malaisie exonère aussi d’impôt les particuliers résidents sur les revenus de source étrangère rapatriés dans le pays. Cette exonération a été prolongée dans le budget 2025 et court désormais jusqu’à fin 2036.

Il y a un bémol. Le revenu doit avoir déjà été imposé dans son pays d’origine, et vous le déclarez malgré tout dans votre déclaration malaisienne. Vérifiez votre situation auprès de la LHDN avant d’y compter.

Comme vous le voyez, la fiscalité malaisienne est complexe, et beaucoup de gens confondent revenus de source malaisienne et revenus de source étrangère. Je vous recommande d’en parler à un conseiller fiscal ou de contacter l’administration fiscale malaisienne (LHDN) pour obtenir des précisions.

Source officielle : DE Rantau Nomad Pass Official Guideline

sANDBOX
sANDBOX, un espace de coworking à Sri Petaling, Kuala Lumpur, environ 7 USD par jour.

Corée du Sud

La Corée du Sud propose un visa « workation », destiné surtout aux chefs d’entreprise et aux télétravailleurs. Il permet de rester 2 ans au maximum dans le pays (1 an au départ, avec une prolongation possible d’un an).

Les conditions sont toutefois assez exigeantes :

  • Votre revenu doit atteindre au moins deux fois le RNB par habitant de la Corée du Sud, soit environ 70 000 USD par an.
  • Vous devez avoir travaillé au moins un an dans le même secteur.
  • Vous devez être soit chef d’une entreprise à l’étranger, soit télétravailleur avec un contrat de travail.

Ce visa permet de venir avec sa famille.

Si vous devenez résident fiscal en Corée du Sud en y passant plus de 183 jours par an, vos revenus mondiaux y sont imposés selon un barème progressif pouvant atteindre 42 %. Les règles de non-double imposition s’appliquent.

Les non-résidents fiscaux ne sont imposés que sur les revenus gagnés en Corée du Sud.

Le seuil de revenus peut sembler élevé, mais il faut de toute façon à peu près cette somme pour vivre confortablement en Corée du Sud, où la vie est plus chère que dans beaucoup d’autres pays d’Asie.

Bonne nouvelle : ce visa serait plutôt facile à obtenir, avec une procédure simple.

Source officielle : South Korea Workation Visa

Dreamplus
Dreamplus, un espace de coworking à Gangnam, environ 243 USD par mois.

Sri Lanka

Le Sri Lanka est le dernier pays à avoir lancé un visa de nomade numérique, en février 2026. Il permet de vivre un an au Sri Lanka, puis de le renouveler chaque année.

Deux conditions principales s’appliquent :

  • Vous devez être télétravailleur, freelance ou chef d’entreprise et travailler pour une société établie hors du Sri Lanka.
  • Votre revenu minimum doit être d’au moins 2 000 USD par mois.

Le Sri Lanka autorise aussi à venir avec son conjoint et ses enfants.

Vous pouvez devenir résident fiscal au Sri Lanka après plus de 183 jours de séjour par an. Vos revenus gagnés à l’étranger n’y sont pas imposés.

Ce visa étant récent, restez prudent. La source officielle indique en outre qu’il faut une « recommandation du ministère de l’Économie numérique », sans que l’on sache encore ce que cela recouvre. Les règles fiscales pourraient aussi évoluer. Nous mettrons l’article à jour dès que de nouvelles informations seront disponibles.

Source officielle : Sri Lanka Department of Immigration and Emigration

Advertisement
Hatch Space à Colombo, au Sri Lanka
Hatch, un espace de coworking à Colombo, environ 7 USD par jour.

Taïwan

Le visa de nomade numérique de Taïwan n’autorise qu’un séjour de 180 jours maximum, aux conditions principales suivantes :

  • Vous devez venir d’un pays lié à Taïwan par un accord d’exemption de visa
  • Vous devez pouvoir présenter un contrat de travail. Les contrats de freelance sont acceptés.
  • Vous devez fournir l’une des preuves suivantes :
    • un visa de nomade numérique délivré par un autre pays OU
    • un revenu minimum d’au moins 20 000 USD par an au cours des deux dernières années si vous avez entre 20 et 29 ans, OU
    • un revenu minimum d’au moins 40 000 USD par an si vous avez plus de 30 ans

La procédure est assez fluide, et tout se fait en ligne sur le site officiel.

La fiscalité taïwanaise est assez particulière : comme la Malaisie, le pays applique un système territorial.

  • Si vous restez moins de 90 jours par an, vous ne payez aucun impôt à Taïwan sur vos revenus mondiaux.
  • Si vous restez plus de 90 jours mais moins de 183 jours par an, vos revenus sont imposés à un taux forfaitaire de 18 %. Vous devez les déclarer et payer l’impôt avant de quitter Taïwan.
  • Si vous restez plus de 183 jours par an à Taïwan, vous êtes considéré comme résident fiscal. Votre impôt sur le revenu suit alors un barème progressif pouvant atteindre 40 %.*

*Il est possible de payer l’impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 20 % si vos revenus de source étrangère dépassent 1 000 000 TWD et votre revenu de base 7 500 000 TWD.

Personnellement, je trouve Taïwan sous-estimée comme destination pour nomades numériques. Les infrastructures y rappellent celles du Japon, mais on y trouve facilement de la nourriture bon marché comme en Thaïlande, même si la vie y est un peu plus chère.

Source officielle : Taiwan Digital Nomad Visitor Visa

FutureWard
FutureWard, un espace de coworking au centre de Taipei, environ 16 USD par jour.

Thaïlande

Le visa de nomade numérique thaïlandais, appelé Destination Thailand Visa ou DTV, est l’un des plus faciles à obtenir en Asie. Il permet en plus de rester jusqu’à 5 ans en Thaïlande, l’une des durées les plus longues du continent.

Pour demander le DTV, deux conditions principales s’appliquent :

  • Vous devez avoir au moins 500 000 THB (environ 16 000 USD) sur votre compte bancaire.
    Vous devez aussi remplir l’une des conditions suivantes :
    • une preuve de télétravail, comme un contrat de travail, OU
    • une preuve d’activité de nomade numérique, comme un portfolio ou des contrats de freelance, OU
    • une lettre d’acceptation d’une salle de muay-thaï, d’un cours de cuisine ou d’un hôpital pour des soins, dans le cadre de l’option « soft power ».

Vous pouvez aussi venir avec vos enfants ou votre conjoint.

Les conditions étant relativement légères, certains retraités en Thaïlande choisissent ce visa plutôt que le visa de retraite thaïlandais.

Vous pouvez devenir résident fiscal thaïlandais en restant plus de 180 jours par an dans le pays. Vos revenus mondiaux ne sont imposés, selon un barème progressif pouvant atteindre 35 %, que si vous les faites entrer en Thaïlande. Les conventions de non-double imposition s’appliquent.

Le principal inconvénient du DTV : il est peu probable que vous puissiez ouvrir un compte bancaire avec.

Pour en savoir plus, lisez notre guide sur le Destination Thailand Visa.

Source officielle : Official Website of Thailand Electronic Visa

Alt Chiang Mai
Alt Chiang Mai, un espace de coworking à Chiang Mai avec option de co-living, environ 7 USD par jour.
Scott Pressimone

Quand je suis arrivé ici il y a plus de dix ans, les visas posaient d’énormes frictions. Le DTV, c’est exactement ce dont j’aurais rêvé. Il vous laisse le temps de construire votre installation à long terme en toute conscience. Profitez-en.

Scott Pressimone, fondateur de Fractiond


Türkiye

La Türkiye a un visa de nomade numérique, mais aucune source officielle n’en confirme la durée. Des sites tiers indiquent qu’il autorise des séjours jusqu’à un an, avec renouvellement possible. Ces informations ne sont toutefois pas vérifiées.

Les conditions sont aussi assez strictes par rapport aux autres pays d’Asie :

  • Vous devez avoir une nationalité éligible, listée sur le site officiel. La plupart des pays éligibles se trouvent dans l’UE et en Amérique du Nord.
  • Vous devez avoir entre 21 et 55 ans.
  • Vous devez être titulaire d’une licence (bachelor).
  • Vous devez avoir un contrat de travail ou des contrats de freelance avec des entreprises hors de Türkiye.
  • Votre revenu mensuel doit atteindre au moins 3 000 USD.

Dans la pratique, la plupart des nomades numériques en Türkiye se contentent encore du visa touristique classique.

Côté impôts, en général, si vous restez moins de 183 jours par an en Türkiye, vous n’avez pas à payer d’impôt sur vos revenus de source étrangère.

Au-delà, vous devenez résident fiscal turc, et vos revenus mondiaux sont imposés jusqu’à 40 %. Les conventions de non-double imposition s’appliquent.

Notez que la Türkiye est devenue bien plus chère ces dernières années à cause de l’inflation : ce n’est plus une destination économique. En outre, la réglementation étant floue, peu de nomades y demandent un visa de nomade numérique. La plupart s’appuient sur les exemptions de visa, restent quelques mois, puis partent pour un autre pays.

Source officielle : Digital Nomad Go Türkiye

Kolektif House
Kolektif House, un espace de coworking à Istanbul, environ 7 USD par jour.

Émirats arabes unis (Dubaï)

Dubaï a un visa de travail virtuel (Virtual Work Visa) qui autorise d’abord un séjour de 60 jours. Vous pouvez ensuite le prolonger pour obtenir un séjour d’un an.

Ce visa s’adresse surtout aux télétravailleurs. Voici ce qu’il faut :

  • Un contrat d’au moins un an avec une entreprise établie hors de Dubaï qui autorise le télétravail
  • Un salaire minimum de 3 500 USD

Le visa permet aussi de venir avec son conjoint et ses enfants.

L’un des grands atouts du visa de travail virtuel de Dubaï : vous pouvez obtenir la résidence fiscale des Émirats après plus de 183 jours de séjour par an. De plus, les salaires et dividendes des particuliers ne sont pas imposés à Dubaï.

C’est donc un pays à envisager si vous voulez réduire vos impôts.

Si vous comptez bâtir votre stratégie fiscale autour de Dubaï, renseignez-vous toutefois d’abord auprès de votre pays d’origine. Certains pays reconnaissent sans difficulté un certificat de résidence fiscale des Émirats, d’autres non.

Par ailleurs, après les attaques de missiles et de drones contre les Émirats, qui ont débuté en février 2026, le visa de nomade numérique et les conditions d’entrée du pays dans leur ensemble pourraient évoluer.

Source officielle : Dubai Virtual Work Visa

Espace de coworking ALBA
ALBA Innovation Hub, un espace de coworking à Dubaï, environ 18 USD par jour.
Erdem, de NomadVibe

Il est impressionnant de voir comment Dubaï a construit un mode de vie où l’on se sent en pleine sécurité, sans la moindre menace ni le moindre malaise. Il y a aussi le luxe et l’ampleur de tout ce qui s’y trouve. J’ai également été frappé de voir que même les personnes très riches et puissantes respectent les règles, et du respect que chacun témoigne aux autres et à leur intimité.

Les nomades numériques devraient absolument donner sa chance à Dubaï, ne serait-ce que pour une semaine.

Erdem Sentunali, de NomadVibe.


Et maintenant ?

Cet article vous donne un aperçu rapide des pays d’Asie qui proposent un visa de nomade numérique. Si vous comptez en demander un, la prochaine étape consiste à consulter le site officiel du pays concerné pour savoir quels documents préparer, puis à commencer à les réunir. Vous pouvez aussi consulter les groupes de nomades numériques de chaque pays pour lire les retours d’expérience. Gardez simplement en tête que les expériences diffèrent et que les documents demandés peuvent varier, chaque ambassade ou consulat pouvant exiger des pièces différentes.

Obtenir un visa de nomade numérique peut être pénible, mais à mon avis, c’est bien mieux que de prolonger sans cesse un visa touristique. Au moins, vous n’êtes plus dans une zone grise.

Si vous hésitez encore sur l’endroit où vous installer, notre classement des meilleurs pays pour les nomades numériques met ces visas en balance avec le coût de la vie.

Avertissement fiscal

Les informations fiscales fournies ne sont qu’un résumé. Les règles fiscales peuvent être complexes et varier selon votre situation personnelle.

Par ailleurs, devenir résident fiscal dans le pays de destination ne supprime pas automatiquement vos obligations fiscales dans votre pays d’origine. Les citoyens américains, par exemple, sont imposés sur leurs revenus mondiaux quel que soit leur lieu de résidence. Vérifiez toujours les conventions de non-double imposition des deux côtés avant de déménager.

Nous vous conseillons aussi de consulter un conseiller fiscal pour être en règle.

*Les informations sont exactes au 6 août 2026.

Saran
Saran Lhawpongwad est né à Bangkok. Il aime partager les enseignements qu’il tire de sa vie et de son expérience d’entrepreneur en Thaïlande. Lorsqu’il n’est pas à son bureau, il profite du plein air et explore le monde en famille. Vous pouvez le contacter sur LinkedIn.
Sponsored
Questions About This Article?
Please post them in our Reddit community at /r/expatden.